Dans le Sud-Est, des communes préparées mais fatalistes face à des inondations «inévitables»

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Par Thomas Engrand

Publié le 19/08/2022 à 12:23, Mis à jour le 06/09/2022 à 23:35

En 2018 l’Aude était sortie de son lit et six personnes avaient trouvé la mort à Trèbes. ERIC CABANIS / AFP

Après les fortes chaleurs de l’été, l’arrivée de l’automne est particulièrement à risques cette année. Météorologues et collectivités sont en alerte depuis plusieurs semaines.

Alerte rouge. Météo-France avait placé en début de soirée ce mardi le Gard et l’Hérault en vigilance absolue, en raison d’«orages stationnaires» et de volumes de précipitations exceptionnels. Dans les deux départements du Sud, où des cellules de crise ont été activées, «les orages stationnaires se sont bien mis en place» et «l’intensité exceptionnelle des précipitations observées nécessite un passage en vigilance rouge», avait annoncé le service météorologique. Avant de revenir à une alerte orange pour ces deux départements en milieu de soirée.

La tempête qui a ravagé la Corse au mois d’août annonçait en effet le début de la saison des orages qui touche tous les ans le sud-est de la France et le pourtour méditerranéen. Et 2022 pourrait être un cru historique selon les météorologues, du fait des températures exceptionnellement élevées de la mer et des sols. «Les anomalies de températures de la mer Méditerranée constatées cet été, sont l’un des facteurs pouvant aggraver cette année l’intensité de ces phénomènes de pluies méditerranéennes», met en garde le ministère de la Transition Écologique. Le gouvernement a d’ailleurs lancé une campagne de sensibilisation «dans les 15 départements du pourtour méditerranéen sur les risques de phénomènes méditerranéens».

Cette menace, les communes de la région ont pris l’habitude de vivre avec. «On est déjà à bloc tous les ans», soulignait-on fin août à la mairie de Saint-Laurent-du-Var. Même tonalité à Vaison-la-Romaine : «Il y a une crainte relative», détaillait Jean-François Périlhou, le maire divers droite. Certes l’été caniculaire invitait à la prudence, mais cet élu préférait mettre en avant la force de l’habitude et le haut degré de préparation de la région face à ces épisodes annuels. «On est rompus, c’est culturel», expliquait l’élu bravache.

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Comme tous les ans à cette période, les voies d’eau ont été nettoyées pour supprimer les obstacles au bon écoulement de l’eau et des exercices ont lieu régulièrement. Mais aucun chantier d’ampleur n’a spécifiquement été prévu. «Un aménagement c’est le temps long», justifie Eric Ménassi, maire PS de Trèbes, dans l’Aude. «Il faut des études préalables, des cofinancements car les communes ne peuvent les supporter seuls…».

Le temps long des aménagements

Sa ville a été gravement touchée en 2018, six personnes avaient trouvé la mort, «un traumatisme indélébile». Depuis, 600.000 euros ont d’abord été investis pour canaliser les eaux de ruissellement dans le nord de la ville. Au sud, 52 maisons ont été préemptées par l’État et détruites car en zone dangereuse. Mais ce n’est qu’à la fin de cette année qu’un travail plus large de réaménagement du lit de la rivière va commencer. «Il faut latéraliser le cours d’eau, les digues ne sont pas une solution car elles accélèrent la vitesse du cours d’eau», expliquait l’édile.

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Ces grands travaux, planifiés sur plusieurs années, sont détaillés dans les PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations). Celui de l’Ouvèze s’étalait ainsi de 2017 à 2023 et prévoyait 27 mesures pour un total de 6 millions d’euros.

Des précautions vitales mais pas toujours suffisantes. En cas de danger, la commune sait comment réagir rapidement: «On a des mesures de l’eau à 30 minutes et une heure en amont, expliquait le maire de Vaison-la-Romaine, en cas de montée trop importante je peux lancer un appel automatique à 200, 300 personnes ou plus pour une évacuation d’urgence». «À flot constant (ceux de 1992 NDLR), les conséquences humaines et matérielles seront inférieures», estimait-il confiant, mais «avec la rivière, il n’y a pas de limites».

Des épiphénomènes inévitables

De quoi se diriger vers une catastrophe courue d’avance ? Pas forcément, tempèrait Régis Crépet : «Certes la chaleur des sols et de l’eau est le moteur de tels phénomènes extrêmes, mais ils ne les garantissent pas automatiquement». En effet, il faut un déclencheur pour entraîner la création d’une instabilité climatique : l’arrivée d’une masse d’air froide. C’est la rencontre avec la chaleur plus basse qui provoque une rupture et la création de nuages.

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Pas de quoi rassurer les maires concernés, comme celui de Vaison-la-Romaine où il y a 30 ans, les inondations avaient entraîné la mort de 38 personnes, plus 4 disparus. «Selon les anciens, soulignait-il «en 1992 pas une goutte d’eau n’était tombée pendant l’été, tout comme cette année».

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